Chapitre 1 : Histoire du symbole des apôtres
La foi vient de Dieu, elle est transmise dans l’Eglise par l’enseignement des apôtres et de leurs successeurs. Peut-on voir le symbole des apôtres comme un résumé de l’enseignement apostolique ? Je le crois. Il me parait être la plus universelle et fondamentale confession de foi pour les chrétiens (catholiques et protestants confondus).
1. Le symbole des apôtres dans l’histoire
Dès le XVIe siècle, en 1566 pour être plus précise, le catéchisme du Concile de Trente déclare que le symbole des apôtres a été utilisé pour « distinguer aisément les vrais soldats de Jésus-Christ des déserteurs et de faux frères qui se glissaient dans l’Eglise pour corrompre l’Evangile. »
« Ensemble de vérités, marque, mot d’ordre : trois définitions valables du mot symbole. » Certes, mais le sens originel est unique et peut être retrouvé en passant par le grec symbolon. « Primitivement, le symbolon est un objet coupé en deux dont deux hôtes conservaient chacun la moitié qu’ils transmettaient à leurs enfants : les deux parties rapprochées servaient à faire reconnaître les porteurs et à prouver les relations contractées antérieurement. »
Le terme de symbole a donc été utilisé dans ce sens où les chrétiens en professant ce symbole des apôtres déclaraient leur lien entre eux, mais aussi leur lien à Dieu.
2. La légitimité du symbole des apôtres
Le symbole des apôtres a été éprouvé par le temps et les critiques. Le théologien et écrivain Tertullien disait déjà en 200 : « Avançons dans cette règle de foi, l’Eglise l’a reçue des apôtres, les apôtres du Christ, et le Christ de Dieu. ».
1 Concile de Trente 1, 1, 2
2 SŒUR GABRIEL PETERS, Lire les Pères de l’Eglise. Cours de patrologie, DDB, 1981.
3 SŒUR GABRIEL PETERS, Lire les Pères de l’Eglise. Cours de patrologie, DDB, 1981.
C’est au IVe siècle, dans le Commentaire du symbole des apôtres, 2, du théologien Rufin d’Aquilée qu’on trouve le premier texte latin.
Au XVIIe siècle, une forme plus ancienne du symbole est retrouvée et montre que le symbole qui est issu de cette forme plus ancienne (celle de Rufin) se rattache à une règle de foi qui rejoint une tradition primitive.
A partir de 1860, on s’intéresse à la forme ancienne et on conclue qu’à côté de notre texte (actuel à quelques différences près) qui remonte au VIe siècle, il existe une formule plus courte qui est composé de douze articles. Il s’agit de celle de l’ancien symbole baptismal romain écrit en grec (IIe siècle).
Après la première guerre mondiale, on se rend compte qu’il existait plusieurs symboles en même temps que celui que nous connaissons désormais comme l’ancien symbole baptismal romain. En effet, il n’est lui-même que le résultat de l’amalgame entre une formule trinitaire courte et une autre christologique plus longue.
On finit par déduire que le texte trinitaire est le plus ancien, car employé dans la liturgie baptismale vers l’an 100. A quel moment s’est-il lié au texte christologique ? Certainement avant l’an 200, mais la plupart des savants s’accordent à dire avant 150.
3. Le texte que nous connaissons aujourd’hui
Le symbole des apôtres existait déjà au IIe et IIIe siècle, mais nous ne le trouvons pourtant pas en entier à cette époque. Il faut attendre le IVe siècle pour le retrouver en latin, de manière complète, sous la plume de Rufin. En voici une traduction admise sous le sigle de symbole Romain primitif (ancien symbole baptismal romain) :
- Je crois en Dieu le Père tout-puissant
- Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, Qui est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, Qui, sous Ponce Pilate, a été crucifié et enseveli, Le troisième jour est ressuscité des morts,
- Est monté aux cieux,
- Est assis à la droite du Père
- D’où il viendra juger les vivants et les morts, Et au Saint-Esprit,
- A la sainte Eglise,
- A la rémission des péchés,
- A la résurrection de la chair. Amen
Voici maintenant la traduction que nous avons désormais et dont nous soulignerons les différences :
- Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
- Créateur du ciel et de la terre.
- Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur; Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie,
- A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
- Est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers; Le troisième jour est ressuscité des morts,
- Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, D’où il viendra juger les vivants et les morts.
- Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, A la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.
- Amen.
On note simplement le remplacement de « sainte Eglise catholique » par « sainte Eglise universelle » (ou générale) chez les protestants.
4. Les modifications
Pourquoi trouve-t-on des modifications entre le symbole romain primitif et le symbole des apôtres que nous avons aujourd’hui ? Il faut avoir en tête que le texte a évolué au fil des hérésies qui apparaissaient. Le symbole des apôtres est en fait le garde-fou de la foi, comme le dit le théologien Michel KUBLER.
Pour ne pas nous éterniser, nous ferons simplement un résumé des modifications effectuées et pour certaines soulignerons l’hérésie qu’elles combattent.
- Ajout de « créateur du ciel et de la terre » pour contrer l’idée que le matériel est mauvais (vis-à-vis du spirituel). Si Dieu a créé les choses matérielles alors c’est qu’elles sont bonnes elles aussi.
- Modification de « né du Saint-Esprit » en « conçu du Saint-Esprit ». On cherchait sûrement ici à éloigner toute idée d’une relation charnelle entre Marie et le Saint-Esprit.
- Modification de « Qui, sous Ponce Pilate, a été crucifié et enseveli » en « A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ». On attaque ici les pensées qui supposent que Jésus n’est pas vraiment mort, ou qu’il n’a pas effectué une substitution finale jusqu’au bout.
- Modification de « est assis à la droite du Père » en « est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant »
- Ajout de « catholique, à la communion des saints ». Le terme catholique désigne d’abord le sens de vraie/universelle.
- Ajout de « A la vie éternelle » A nouveau contre les détracteurs du matériel.
5. Conclusion
Je conclurai ce chapitre sur le fait que le symbole des apôtres n’est pas une simple énumération d’articles que nous devons croire pour obtenir le titre de chrétien, c’est un ensemble organique qui possède une véritable unité. Nous pouvons d’ailleurs en tirer deux doctrines générales.
Chapitre 2 : La doctrine
1. L’inerrance
Ce n’est pas pour rien que le symbole des apôtres est aussi appelé Credo (« Je crois »). Et même s’il faut souligner que ce terme est abusif parce qu’il désigne à proprement parler le symbole de Nicée-Constantinople, je pense que le symbole des apôtres mérite quand même cette désignation pour la simple raison que le symbole des apôtres est une liste d’articles tirés de versets bibliques. Or, je crois en la Bible. Je crois en son inerrance. Je crois que la Bible a été entièrement inspirée et qu’elle ne comporte pas d’erreur dans le sens qu’elle est cohérente et sans contradiction car inspirée par le même esprit (1 Corinthiens 1.10ss). Je crois que la Parole de Dieu est vérité comme il l’est écrit en Jean 17.17, mais j’ai aussi conscience qu’il existe des textes bibliques qui ont été modifiés et/ou ajoutés. Je considère cependant que cela n’altère pas la vérité du texte.
Alors oui, le symbole des apôtres peut être appelé Credo par les chrétiens car par lui ils disent « je crois » à la Parole de Dieu.
2. La trinité
Le symbole des apôtres est construit en fonction d’une formule trinitaire. Je crois qu’il est tout à fait biblique d’avoir bâti une confession de foi de cette manière. On peut trouver plusieurs formules trinitaires dans la Bible telle qu’en 2 Corinthiens 13.13 : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit, soient avec vous tous ! ». On trouve aussi certainement le plus connu, Matthieu 28.19 :
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
Chapitre 3 : Le Credo
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
Ephésiens 3.9 ; 1 Corinthiens 8.6
Je crois en la souveraineté de Dieu, je crois qu’il agit dans l’Histoire selon son bon vouloir et qu’il est maître de toutes les circonstances. Je m’appuie pour cela sur Daniel 2.21 :
« C’est lui [Dieu] qui change les temps et les circonstances, qui renverse et qui établit les
rois, qui donne la sagesse aux sages et la science à ceux qui ont de l’intelligence. ». Ainsi que sur Romains 9.16 : « Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. », Psaumes 115.3 : « Notre Dieu est au ciel, Il fait tout ce qu’il veut. », etc.
Je crois que tout ce qui arrive dans le monde a été permis par Dieu, que ce soient des circonstances bonnes ou mauvaises. Exemple de Ruth 1.13 et 1.20 où Naomi est, par la main de Dieu, dans une circonstance de souffrance, mais elle ne prête pas de mauvaise intention à Dieu.
Je crois que Dieu est souverain sur le mal. Effectivement, Satan fait le mal, mais il ne le fait que par la permission que Dieu lui donne.
Je crois que certains choix de Dieu irritent les humains parce que l’homme aime tout comprendre et que parfois Dieu fait des choix incompréhensibles (Matthieu 11.25), mais on ne peut pas empêcher Dieu d’être Dieu.
Je crois que Dieu n’est pas dépendant des choix de ses créatures et que malgré la liberté qu’il donne aux hommes, il accomplit son plan comme il le souhaite. C’est l’un des mystères qui m’émerveille le plus.
Créateur du ciel et de la terre.
Je crois que Dieu a créé le monde, comme le dit Ephésiens 3.9 : « Dieu qui a créé toutes choses ».
Pour la manière de lire la Genèse, merci de vous reporter à l’étude biblique qui a été faite à ce sujet.
Je crois que le texte de la Genèse n’est pas là pour expliquer les origines de l’humanité, mais pour montrer que Dieu est créateur de toute chose et pour donner la raison de l’existence de l’homme. Ce livre biblique n’est pas là pour dire comment l’homme est né, mais pourquoi.
Je crois que le texte de la Genèse est là pour montrer que Dieu est créateur de toute chose, spirituel comme matériel et donc que toute chose est originellement bonne.
Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur;
Je m’appuie sur 1 Jean 2.22 : « Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. », ainsi que sur Marc 3.11 : « Les esprits impurs, quand ils le voyaient, se prosternaient devant lui, et s’écriaient : Tu es le Fils de Dieu. ».
Je crois que Jésus cumule les trois offices des oints de Dieu et ainsi qu’il démontre qu’il est le Messie puisque Dieu avait interdit de lier les trois offices (2 Chroniques 26.16ss) de roi, prophète et prêtre. Je pense que c’est en cette cumulation des trois offices que Christ montre son unicité et sa seigneurie.
Je crois que Jésus est roi. Il est Fils de David, roi d’Israël et l’Eternel a promis à David que sa descendance serait toujours sur le trône d’Israël. On trouve dans Apocalypse que l’agneau est honoré de la même manière que celui qui est assis sur le trône. En Apocalypse 7.17, l’agneau est même « au milieu du trône ». Luc 1.32-33 : « Il [Jésus] sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. ».
Je crois que Jésus est prophète en tant que porte-parole de Dieu non seulement dans son enseignement, mais aussi en action à travers sa Passion. Jésus est présenté entre Moïse et Elie (les deux plus grands prophètes) lors de sa transfiguration. Déjà à l’époque, la foule considérait Jésus comme un prophète (Matthieu 16.14) et Jésus lui-même se voyait comme tel (Luc 13.33). D’ailleurs, Jésus utilise un livre écrit par Esaïe lorsqu’il lit dans la synagogue en Luc 4.17 et s’associe aux paroles du prophète (Luc 4.21). Comme dirait Alain Nisus : « Jésus est THE prophète ! ». Jésus faisait des miracles, ainsi que la plupart des prophètes.
Je crois que Jésus est prêtre. En effet, il s’occupe de la maison de Dieu (s’en prend aux marchands dans le Temple, par exemple) et fait connaître la loi (et l’interprète) par ses enseignements. Il est aussi sacrificateur lorsqu’il se sacrifie lui-même à la croix. Il est prêtre et sacrifice à la fois. Il intercède aussi pour le peuple et apprend même à ses disciples comment prier. Je crois que la typologie de Melchisédech montre que Jésus est sacrificateur selon le Psaumes 110.4 : « Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédech. ». Ainsi, le sacerdoce du Christ n’est pas Aaronique mais de l’ordre de
Melchisédech. Cela explique pourquoi en Apocalypse 1.13, le fils d’homme porte les vêtements d’Aaron alors que Jésus n’était pas lévite (Hébreux 8).
Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie,
Luc 1.35 : « L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. »
Matthieu 1.23 : « Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. »
Je crois en la conception virginale qui fait de Jésus un être humain à part, annoncé des siècles avant sa naissance, et pourtant un être humain tel que nous. Je crois que le Père a agi ainsi pour accomplir la parole du prophète Esaïe (7.14) : « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. ».
Je crois que Jésus est le Messie annoncé dans l’Ancien Testament, entre autres dans le Psaumes 110 (comme descendant de David et pourtant au-dessus de lui), Daniel 7 (comme Fils de l’homme), Esaïe 6.9ss (comme engendrant un nouveau peuple saint), Esaïe
9.5ss (comme Dieu et roi descendant de David), Esaïe 48.16ss (comme préexistant et envoyé par Dieu à travers l’incarnation).
Je crois que Jésus se désignait comme Fils de l’homme en rapport à Daniel 7.13- 14 : « Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme ; il s’avança vers l’ancien des jours, et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit. ». Je crois que ce passage fait le lien entre le Messie et le Fils de l’homme. C’est un Messie céleste qui est annoncé, il s’agit d’un homme qui reçoit une domination toute-puissante et seul Christ peut avoir cela.
Je crois que la conception virginale est importante car Jésus n’est pas le fruit des œuvres d’un homme. Ainsi, l’homme est exclu de la création du Salut. De plus, Jésus ne devait pas être en Adam et la conception virginale permet de l’éviter.
Enfin, je crois que Jésus est Dieu. Je crois qu’il est pleinement homme et pleinement Dieu en portant les deux natures (humaine et divine). Je crois que sa personne est divine, comme le montre l’utilisation de noms strictement divins donnés à l’enfant à naître en Esaïe. Les termes de Père d’éternité et prince de paix sont l’intronisation des dieux dans les rituels égyptiens, mais aucun roi de l’Ancien Testament ne s’est targué de noms aussi glorieux !
Je crois que le Nouveau Testament affirme clairement la divinité du Christ. Jean 1.1, « la Parole était Dieu » ; Jean 20.28 où Thomas dit au Christ « Mon Seigneur et mon Dieu » ; Actes 20.28 « l’Eglise que Dieu s’est acquise par son propre sang » or c’est Jésus qui a saigné ; etc.
De plus, on associe le Christ à des attributs et honneurs divins : l’omniprésence, la préservation, la création (Jean 1.1 et 5.23 ; Colossiens 1.15), le pardon des péchés (ce qui choque les pharisiens justement), le privilège de révéler et répandre l’Esprit, le Jugement (Jean 5.23), le Salut, etc. Même la liturgie et les prières sont trinitaires (Jean 5.23 ; Matthieu 14.33 ; Apocalypse 5.13 ; Actes 7.59). On baptise au nom du Fils associé au nom du Père.
Je crois que si Jésus n’est pas pleinement Dieu, alors Dieu ne nous a pas montré le plus grand amour et ne s’est pas donné lui-même. Si Jésus est une créature et que l’on baptise au nom de Dieu et d’une créature, alors c’est blasphématoire !
Je crois que Jésus est pleinement homme, comme le montrent plusieurs textes bibliques : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme » (1 Timothée 2.5) ; « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1.14). Or, un des sens du terme chair c’est l’homme qui n’est pas régénéré par l’Esprit et donc ne doit pas être réduit au corps. Prenant chair en Marie (solidarité familiale), Jésus est donc un homme véritable. Il fait d’ailleurs partie d’une généalogie, ce n’est pas un aérolithe. Dans Luc 2, il a une croissance humaine normale et tout au long des Evangiles il est noté qu’il a faim, soif, qu’il est fatigué, comme n’importe quel homme. Il est d’ailleurs mort !
Je crois que nous ne pouvons nier ni sa divinité ni son humanité car en cela nous nierions son office de médiateur.
Je crois qu’en tant qu’être divin, Jésus est préexistant comme le montrent Galates 4.4.
A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
On trouve dans les quatre Evangiles le récit de la souffrance et la crucifixion du Christ (Matthieu 27.26ss ; Marc 15.15ss ; Luc 22.63ss ; Jean 19). En règle générale, la condamnation de Jésus est acceptée par les spécialistes. En nous appuyons sur la Bible, nous pouvons même assurer que le Christ avait annoncé lui-même sa souffrance, sa mort et la manière dont elle surviendrait. Matthieu 17.22-23 : « Pendant qu’ils parcouraient la Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera. Ils furent profondément attristés. »
Je crois que le Christ a souffert sous Ponce Pilate et qu’il a été crucifié.
Est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers;
Si certaines questions se posent déjà sur la mort en elle-même de Jésus, la plupart des chercheurs sont d’accords sur le fait qu’un homme appelé Jésus a bel et bien été crucifié sous la responsabilité du romain Ponce Pilate. Seuls les musulmans pensent que Jésus n’est pas mort mais qu’il a été remplacé au dernier moment sur la croix, peut-être par Judas, avant d’être rappelé auprès d’Allah. A part dans cette communauté, l’idée que Jésus est vraiment mort est plutôt acceptée par les spécialistes.
L’Ecriture affirme la mort du Christ à plusieurs reprises. En 1 Corinthiens 15.3, on lit : « Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures », on encore en Actes 2.23 : « cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. »
En ce qui concerne le fait que le Christ est descendu au séjour des mort, je le crois par le fait que cela est attesté en Actes 2.31 : « c’est la résurrection du Christ qu’il a prévue et annoncée, en disant qu’il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts et que sa chair ne verrait pas la corruption. ». Je le crois aussi par le principe de substitution pénale. Le Christ a pris la place de l’homme jusqu’au bout dans la condamnation qui planait sur son être. En cela, le Christ a définitivement vaincu la mort pour pouvoir offrir la vie à nous autres qui sommes voués au séjour des morts par notre rébellion devant Dieu.
Le troisième jour est ressuscité des morts,
1 Corinthiens 15.4 : « qu’il [Christ] a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures ».
La question de la résurrection de Christ est bien plus débattue que celle de sa mort. En effet, il est bien plus commun qu’un homme meurt, plutôt qu’il revienne à la vie. La Bible nous raconte dès l’Ancien Testament que ce genre de miracle existait. On trouve le fils de la veuve de Sarepta (1 Rois 17.17-24), le fils de la Sunamite (2 Rois 4), 2 Rois 13.21, etc. De plus, les prophètes ont enseigné la résurrection de la chair (Esaïe 25.7ss et 26.19 ; Daniel 12.2). Ainsi, les Juifs de l’époque pouvaient même trouver cela normal qu’on mort revienne à la vie (Jean 11.24 ; Actes 24.15), même si les saducéens niaient cela (Matthieu 22.23 ; Actes 23.7-8).
Pourquoi donc la résurrection du Christ est-elle aussi polémique parmi les Juifs ? Sûrement parce qu’il l’avait annoncée, mais aussi parce qu’il était désigné comme le Messie. Il est le seul parmi tous ceux qui se disaient Messie à revenir d’entre les morts.
Pourquoi cette question est-elle si déterminante pour la foi chrétienne ? Paul en fait un point essentiel : « S’il n’y a point de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. » (1 Corinthiens 15.13-14). En effet, « sachant que Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. » (Romains 6.9-11). Ainsi, si Jésus n’est pas ressuscité alors nous ne pouvons l’être non plus (1 Corinthiens 15.17). Croire que Christ a vaincu la mort, c’est croire que nous pouvons la vaincre par lui (1 Corinthiens 15.20, 23).
Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
L’ascension du Christ est étrangement mieux acceptée que sa mort et sa résurrection. La croyance populaire plaçant Dieu dans les cieux, on trouve presque normal que Jésus étant le Fils de Dieu s’y trouve aussi. Il faut tout de même avoir conscience que le Père et le Fils ne sont pas assis sur un nuage au-dessus de nos têtes comme certains l’imaginent.
L’important ici est le faite d’être à la droite du Père, d’être son bras droit, d’être le représentant de son autorité, de la partager avec lui.
1 Pierre 3.22 nous dit que le Christ est à la droite de Dieu, partageant sa souveraineté : « [le Fils] qui est à la droite de Dieu, depuis qu’il est allé au ciel, et que les anges, les autorités et les puissances, lui ont été soumis. ».
D’où il viendra juger les vivants et les morts.
2 Timothée 4.1 va clairement dans ce sens : « Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume ».
La question du jugement était largement admise parmi les Juifs, cependant le fait qu’il soit aussi accompli par le Christ est une nouveauté du Nouveau Testament. Cela s’explique par sa divinité et sa co-souverainté avec le Père. On trouve plusieurs passages bibliques selon lesquels le Christ viendra pour le jugement de ceux qui sont vivants, comme de ceux qui sont morts (1 Thessaloniciens 4.13-16 ; Apocalypse 12-14)
Je crois que Dieu étant juste, nous ne pouvons dire à quelqu’un qu’il est voué au feu de l’enfer car Dieu seul en est le décisionnaire. Je crois que sa justice nous dépasse et que c’est bien mieux comme cela, nous empêchant de nous enorgueillir.
Je crois aussi en l’assurance du Salut qui est promis par Dieu à ceux qui se sont repentis de leurs péchés et qui par Jésus peuvent venir au Père. « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle […] il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5.24). On peut trouver aussi Jean 3.36 « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. ».
Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints,
J’ai déjà beaucoup parlé de la Trinité, j’ajouterai donc ici quelques précisions à propos du Saint-Esprit. Bien que ce dernier soit intervenu dans la création en Genèse 1.2, son œuvre originale consiste à appliquer le sacrifice de Jésus. Il est actif dans l’œuvre de la justification et nous convint de pécher pour nous amener à la repentance. C’est aussi lui qui suscite la foi en nous par la prédication de la Parole (1 Corinthiens 12.3). Il agit pour la sanctification, répandant l’amour de Dieu dans nos cœurs. Il met en nous les fruits de l’Esprit.
Je crois que c’est par l’Esprit que nous sommes unis à Christ comme le dit Romains
« Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. ». Il s’agit d’une union immédiate, sans médiation. Je crois que nous sommes unis à Christ non par l’Eglise ou les sacrements, mais par le Saint-Esprit.
Dans l’Ancien Testament, on trouve le terme de rouarh (vent, souffle, esprit, haleine) pour désigner le Saint-Esprit. En Genèse 2.7, l’Esprit est le souffle de vie, la puissance mystérieuse de Dieu. L’Esprit désigne aussi Dieu lui-même dans certains Psaumes. Dieu est Esprit, cela signifie qu’il est puissant, une tempête, un ouragan, qu’il agit, qu’il anime. L’Esprit est aussi la nuée qui est la manifestation et la présence de la gloire de Dieu (il couvre Marie et la tente de la rencontre par exemple). L’Ancien Testament ne présent pas un enseignement systématique du Saint-Esprit et on doit tout regrouper pour avoir une vue d’ensemble. Il est la démonstration de l’action de Dieu et de sa puissance. En Esaïe 63.10ss, pourtant, on commence à avoir des traits personnels pour l’Esprit. Il n’y a qu’une personne qui peut être attristée. Et Job donne une place à l’Esprit lors de la création : « L’Esprit de Dieu m’a créé, et le souffle du Tout-Puissant m’anime. » (Job 33.4)
Dans le Nouveau Testament, le terme d’Esprit devient majoritaire dans la traduction. On trouve une plus nette affirmation de la personnalité de l’Esprit Saint et des suggestions plus nettes de sa divinité. Il est particulière lié au Christ, comme le Christ est lié au Père. Le baptême du Saint-Esprit de Jésus est une démonstration publique de son entrée dans le ministère. Jésus pleinement homme exerce son ministère par la force de l’Esprit Saint. Concernant la divinité du Saint-Esprit, il n’est pas objet de prière (sauf en Ezéchiel 37.9ss) et d’adoration parce que là n’est pas son rôle (1 Corinthiens 2.9-10). Pourtant, Dieu seul peut créer, mais la création est aussi attribuée au Saint-Esprit (Psaumes 104.29-30), or Dieu est une personne donc le Saint-Esprit en est une aussi. On trouve aussi cette idée en Actes 4.25 où ce que le Saint-Esprit dit, c’est Dieu qui le dit. On trouve aussi le nom de l’Esprit dans les formules trinitaires (1 Corinthiens 12.4ss ; Pierre ; etc.), comme celle du baptême.
En ce qui concerne la personne du Saint-Esprit, on trouve plusieurs passages où l’Esprit parle, raisonne, pense, veut, comprend, interdit, assiste, commande, intercède, console, enseigne, rappelle, on peut lui mentir et même l’attrister (Actes 15.28 ; Romains 8.14 ; Ephésiens 4.30 ; Jean 14.26 ; etc.), c’est donc une personne à part entière.
Je crois donc au Saint-Esprit, personne divine de la Trinité. Je crois que le blasphème contre l’Esprit est le seul péché qui ne peut être pardonné (Matthieu 12.31 ; Marc 3.29) dans le sens qu’il s’agit de l’incrédulité. Je crois que le blasphème contre le Saint-Esprit, c’est nier son œuvre, c’est renier Dieu devant l’évidence de sa manifestation. On peut donc le comprendre comme le refus du sacrifice du Christ à la croix.
Je crois que c’est par l’Esprit que nous formons le peuple uni racheté par Christ et adopté par le Père. Galates 5.25 : « Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. » En effet, l’amour est de Dieu, ceux qui sont régénérés doivent donc s’aimer et c’est par les fruits de l’Esprit que cela est possible, par « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Galates 5.22).
Je crois à l’Eglise formée par les croyants de tout âge et de toute origine qui sont unis par le rachat du Christ. Je crois à la communion des saints qui forment son corps. Ephésiens 5.29-30 : « Car jamais personne n’a haï sa propre chair ; il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’Eglise, parce que nous sommes membres de son corps. ».
A la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.
Je crois à la rémission des péchés par l’œuvre de la Passion du Christ comme le montre Matthieu 26.28 : « car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés ».
Je crois à la résurrection de la chair car nous, les saints, sommes associés à la mort du Christ et donc aussi à sa résurrection comme le symbolise le sacrement du baptême par immersion (1 Corinthiens 15.13). Je m’appuie sur la promesse de Romains 8.11 : « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. ».
Je crois à la vie éternelle telle que nous l’enseigne Matthieu 25.46 : « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. ». Je crois que pour ceux dont le nom est écrit dans le livre de vie, Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » (Apocalypse 21.4).

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