ATTAQUES PENDANT LA PRIÈRE

Si vous ne vous sentez pas capable de prier, faites-le parce que quelqu’un vous force à ne pas le faire.

Agitation extrême dans un environnement spirituel
Il nous arrive à tous de ressentir de la fatigue, les pensées s’égarent et de l’épuisement pendant la prière, les offices religieux ou même le culte. On recommence encore, puis encore, et finalement on abandonne la prière. Lorsque cela se produit occasionnellement, il n’y a rien d’extraordinaire à cela. Nous en voyons des exemples dans la Bible. Les disciples s’endormirent pendant que Jésus priait.
Puis, il retourna vers ses disciples et les trouva endormis. « Vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi ?» demanda-t-il à Pierre. (Matthieu 26:40)
Cependant, une agitation extrême et constante dans un environnement spirituel peut indiquer qu’il ne s’agit probablement pas de votre chair. C’est « quelque chose » qui ne veut pas que vous soyez là.
Nous savons que les démons tourmentent les gens, mais lorsque cette même personne décide de prier, de lire la Bible, de jeûner ou d’aller à l’église, les démons sont tourmentés et commencent à provoquer fatigue, lassitude, bâillements et manque de concentration. Un autre moyen rapide de savoir si la cause est spirituelle est de changer d’activité. Si vous arrivez à naviguer pendant des heures sur votre téléphone sans se sentir fatigués, cela peut également indiquer que ce n’est pas une fatigue inhabituelle, mais le signe de la présence de démons.

Nul ne peut se débarrasser complètement des distractions sans l’aide et la grâce extraordinaires de Dieu. Mais pour nous réconforter, disons que la prière cesse d’être prière seulement lorsque nous nous sommes délibérément distraits ou lorsque nous nous en abstenons volontairement. Le meilleur remède est de ne pas s’attarder sur les pensées parasites, mais de continuer à prier comme si nous n’avions aucune autre pensée. Tant que les distractions nous dérangent, la prière reste la prière. Sainte Thérèse d’Avila elle-même reconnaissait n’avoir jamais pu réciter le « Je crois » sans être distraite. Il nous faut donc accepter cela et ne pas exiger de nous-mêmes plus que le Seigneur Dieu lui-même. Cette humilité est bien plus agréable à Dieu que nos efforts démesurés pour atteindre un but impossible. La prière doit faire partie intégrante de notre vie et nous ne devons la négliger pour rien au monde. Nous ne devons pas nous retirer de la prière. Ne dites pas : « Je n’ai plus besoin de prier ! »
Lorsqu’un chrétien se fortifie, les démons sont expulsés, et ils feront tout leur possible pour empêcher cela.
Il existe deux types d’attaques démoniaques pendant la prière : le bâillement et la distraction.

1. Quand le bâillement interrompt la prière

« Le diable ne s’attaque pas aux perdus ; il s’attaque aux conscients, aux proches de Dieu. » Saint Païssios l’Athonite

De nombreux catholiques fervents ont vécu un phénomène inhabituel pendant la prière, notamment lors de la récitation du Saint Rosaire. On commence avec zèle, tenant fermement le crucifix, invoquant le nom de la Trinité et méditant sur les mystères du Christ. Pourtant, au milieu des décennies, quelque chose d’étrange apparaît : le bâillement persistant. Cet acte apparemment banal, souvent confondu avec la fatigue ou le manque de sommeil, pourrait en réalité avoir une signification spirituelle plus profonde.

Le bâillement : simplement de la fatigue ou autre chose ?
D’un point de vue scientifique, le bâillement est une réponse physiologique, souvent déclenchée par la fatigue, l’ennui ou le besoin d’oxygène. Mais pour l’âme priante, surtout celle qui est plongée dans la récitation du Rosaire, cette interprétation peut ne pas suffire. Pourquoi le bâillement apparaît-il fréquemment au moment même où l’on commence à se plonger dans la contemplation ? Pourquoi, malgré l’énergie disponible pour d’autres tâches, le corps résiste-t-il soudainement à la prière ?
C’est là que l’approche spirituelle devient essentielle.

Le Rosaire : une arme qui provoque l’opposition
Le Rosaire n’est pas une prière ordinaire. C’est une épée spirituelle, une chaîne mariale qui enchaîne le diable, une artillerie silencieuse mais mortelle dans le combat spirituel. Saint Padre Pio l’appelait « l’arme de notre temps ».
Le diable, connaissant sa puissance, le craint et le hait intensément. Il ne veut pas que les fidèles contemplent l’Incarnation, la Passion ou la Gloire du Christ à travers les yeux de Marie. Il cherche à distraire, à décourager et à diminuer l’attention spirituelle.
Le bâillement, dans ce contexte, pourrait être une tactique subtile de l’ennemi : une forme de résistance trompeuse.
« Certaines personnes sont si stupides qu’elles pensent pouvoir traverser la vie sans l’aide de la Sainte Mère. » Saint Padre Pio
Cela peut paraître inoffensif, voire naturel, mais son timing et sa persistance suggèrent qu’il s’agit de plus qu’une simple coïncidence. À l’approche des mystères fondamentaux de notre foi, notre corps commence à protester, notre concentration à la dérive et notre esprit lutte contre la léthargie.
Saint Ignace de Loyola, dans ses règles de discernement spirituel, explique que dans les moments de grâce, l’ennemi suscite souvent la confusion, la sécheresse ou l’aversion pour la prière. Le but est de prier l’âme de sa communion avec Dieu. Bâiller pendant le Rosaire, lorsqu’il est fréquent et contre nature, peut être une de ces stratégies. L’ennemi attaque rarement par le bruit ; il agit souvent par distraction et lassitude – ce qui peut paraître une fatigue « normale ».
« La meilleure méthode de prière est de prier le RosaireSaint François de Sales
Mais rappelez-vous que l’ennemi n’a pas peur des rituels vides de sens. Il craint la prière concentrée, intentionnelle et persistante. Il craint ceux qui, malgré leurs bâillements, persistent.

La persévérance : le signe d’une âme en cours de maturation
Si vous vous surprenez à bâiller pendant le Rosaire, ne vous découragez pas. Au contraire, soyez encouragé. Votre prière dépasse le domaine visible. Vous accédez à une dimension spirituelle, et l’opposition est le signe que vous accomplissez quelque chose de puissant.
Les saints et les mystiques parlaient souvent de lutter contre le sommeil, les bâillements et les distractions pendant la prière. Pourtant, leur conseil était simple : PERSÉVÉRER.

  • Offrez votre inconfort à Dieu.
  • Demandez à Notre-Dame de vous aider à rester attentif.
  • Changez de posture si nécessaire.
  • Prononcez les prières à voix haute.
  • Marchez en méditant ; quoi qu’il en coûte, n’abandonnez pas.

« Celui qui prie le plus reçoit le plusSaint Alphonse de Liguori
« Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ?Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » (Matthieu 26:40-41)

Continuez, même en bâillant
En cette époque moderne de bruit et de mouvement constant, le Rosaire demeure un saint silence, une arme méditative de paix et de victoire. Si le bâillement interrompt votre dévotion, reconnaissez-le comme un moment spirituel. Combattez non pas avec force, mais avec foi. Chaque « Je vous salue Marie » murmuré en bâillant est un coup porté à l’ennemi, un pas de plus vers le Ciel et un signe de véritable maturité spirituelle.
« Jamais celui qui récite son Rosaire chaque jour ne s’égarera. C’est une déclaration que je signerais volontiers de mon sang. » Saint Louis de Montfort
Dans le combat silencieux des grains, que votre persévérance soit plus forte que votre bâillement.
« Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. » (1 Pierre 5:8)

2. Combat spirituel : la distraction comme stratégie
Saint Louis de Montfort nous encourage…
Bien prier le Rosaire signifie le prier avec une concentration totale, une bonne intention et pour des grâces spécifiques. Prié de cette manière, le Rosaire est particulièrement agréable à Jésus et à Marie. Saint Louis écrit que le Rosaire, bien prié, « donne plus de gloire à Jésus et à Marie et est plus méritoire pour l’âme que toute autre prière ».
Mais la nature répétitive des prières peut facilement distraire l’esprit. Saint Louis reconnaît cette réalité et ce combat. Il souligne même qu’« il faut une dévotion bien plus grande pour persévérer dans la récitation du Saint Rosaire » que dans toute autre prière.
Notre imagination est déjà instable, oscillant comme un roseau au vent. Ajoutez à cela les tentations que le diable peut nous soumettre pour nous faire cesser de prier, et la prière du Rosaire peut s’avérer particulièrement difficile.
Puis, pour couronner le tout, saint Louis écrit que le diable vient vous murmurer à l’oreille : « Ce que vous venez de dire est inutile. »

Voici donc trois encouragements de saint Louis de Montfort.

  • Premièrement, n’écoutez pas le diable et soyez joyeux. Sachez que le problème n’est pas d’avoir une imagination vagabonde, mais de laisser ces pensées persister et de les entretenir. Il écrit : « Ayez bon cœur, même si votre imagination vous a tourmenté tout au long de votre chapelet… pourvu que vous vous efforciez vraiment de vous en débarrasser dès qu’elles sont apparues. »

  • Deuxièmement, réjouissons-nous de la difficulté de prier un chapelet, car elle est plus fructueuse pour l’âme que la prière facile. « Souvenez-vous toujours que le meilleur chapelet est celui qui a le plus de mérite, et il y a plus de mérite à prier quand c’est difficile que quand c’est facile. »

  • Troisièmement, n’abandonnez pas ! Il écrit : « Même si vous devez lutter contre les distractions tout au long de votre Rosaire, assurez-vous de bien lutter, les armes à la main :… ne cessez pas de réciter votre Rosaire, même s’il est difficile à réciter et que vous n’avez absolument aucune dévotion raisonnable. C’est un combat terrible, mais profitable à l’âme fidèle. Si vous baissez les armes, c’est-à-dire si vous abandonnez le Rosaire, vous vous avouerez vaincu et, une fois victorieux, le diable vous laissera tranquille. »

Alors, restez forts, soyez constants, priez avec ferveur. Ne laissez pas le diable vous convaincre du contraire.
QUE NOTRE-DAME, REINE DU ROSAIRE, FORTIFIE TOUS CEUX QUI PRIENT.

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