SAINTE MESSE SELON PADRE PIO
« Chaque Sainte Messe, bien entendue faite avec dévotion, produit dans notre âme des effets merveilleux, des grâces spirituelles et matérielles abondantes que nous-mêmes ne connaissons pas. » Saint Padre Pio de Pietrelcina
Si nous demandions aujourd’hui à ceux qui ont connu Padre Pio et qui se considèrent comme ses disciples : « Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné chez lui ? », la réponse serait sans équivoque : « Sa Messe ».
Tous ceux qui venaient à San Giovanni Rotondo, même s’ils ne pouvaient pas entendre la confession ou entrer en contact avec le saint, étaient profondément émus par sa célébration de la messe. Il était clair que cette messe n’était pas une cérémonie ordinaire, mais le centre de toute sa vie ; était le cœur de son existence. Padre Pio a précédé d’un demi-siècle le Concile Vatican II et le mouvement eucharistique qui s’est développé au cours des dernières décennies. L’Eucharistie était pour lui plus que le soleil, comme le confirment ses paroles : « Le monde pourrait exister sans le soleil, mais il ne peut exister sans la Sainte Messe. » Cette idée fut plus tard soulignée par le cardinal Lercaro lors du Congrès eucharistique de Trapani, où il déclara que pour Padre Pio, la Messe était le centre de l’univers.
En août 1918, Padre Pio se trouvait à Naples pour un examen médical et dut y rester plusieurs jours. Dans des lettres au Père Agostino et au Père Benedetto, il exprimait sa douleur devant l’impossibilité de célébrer la messe et d’adorer le Saint-Sacrement : « Je suis extrêmement découragé simplement parce que je ne peux pas célébrer la messe ici parce qu’il n’y a pas de chapelle et qu’il n’est pas permis de sortir. Quelle désolation sans Jésus ! » (Épist. I, 932-933).
La messe expliquée par Padre Pio (mémoires du père Derobert, un de ses fils spirituels)
Padre Pio était le modèle de chaque prêtre … On ne pouvait pas « assister » à sa messe. On devenait, presque malgré soi, « participant » de ce drame qui se jouait chaque matin sur l’autel. Crucifié avec le « Crucifié », le Père revivait la Passion de Jésus avec une douleur dont j’ai été moi-même le témoin privilégié, parce que je lui servais la Messe.
Padre Pio nous apprenait par-là que notre Salut ne pourrait s’obtenir que si, d’abord, la Croix était plantée dans notre vie. Il disait : « Je crois que la très Sainte Eucharistie est le grand moyen pour aspirer à la Sainte Perfection, mais il faut la recevoir avec le désir et l’engagement d’ôter de son cœur tout ce qui déplaît à Celui que nous voulons avoir en nous ». (27 juillet 1917)
Il m’avait expliqué, peu après ma propre Ordination sacerdotale, qu’il fallait, en célébrant l’Eucharistie, mettre en parallèle la chronologie de la Messe et celle de la Passion. Il s’agissait de comprendre et de réaliser, tout d’abord, que le prêtre, à l’autel, EST Jésus Christ. Dès lors, Jésus, en son prêtre, revit indéfiniment la même Passion. « Pendant la Sainte Messe, Jésus est aussi véritablement présent qu’il l’était sur la croix. » Saint Padre Pio
- Du signe de croix initial jusqu’à l’Offertoire
Ici, il faut rejoindre Jésus à Gethsémani, il faut suivre Jésus dans son AGONIE, souffrant devant cette « marée noire » du péché. Il faut Le rejoindre dans sa douleur de voir que la Parole du Père, qu’Il était venu nous apporter, ne serait pas reçue, ou si mal, par les hommes. Et dans cette optique, il fallait écouter les lectures de la Messe comme nous étant personnellement adressées.
- L’Offertoire
C’est l’arrestation. « Père, l’heure est venue … » – « Me voici … .»
- La Préface
C’est le chant de louange et de remerciement que Jésus adresse au Père qui Lui a permis de parvenir enfin à cette « Heure » (prière sacerdotale).
- Depuis le début de la Prière Eucharistique jusqu’à la Consécration
Ici, on rejoint (rapidement …) Jésus dans son emprisonnement, dans son atroce flagellation, son couronnement d’épines et son chemin de croix dans les ruelles de Jérusalem, regardant, au « Memento », tous ceux qui sont là et pour lesquels nous prions spécialement.
- La Consécration
La Consécration nous donne le Corps livré et le Sang versé maintenant. C’est, mystiquement, la crucifixion du Seigneur. Et c’est pourquoi Padre Pio souffrait atrocement à ce moment de la Messe. On rejoint ensuite Jésus en croix et on offre dès cet instant au Père le Sacrifice Rédempteur. C’est le sens de la prière liturgique qui suit immédiatement la Consécration.
- Le « par Lui, avec Lui et en Lui »
Cette doxologie correspond au grand cri de Jésus : « Père, je remets mon âme entre Tes mains ». Dès lors, le Sacrifice est consommé et accepté par le Père. Les hommes, désormais, ne sont plus séparés de Dieu et se retrouvent unis. C’est la raison pour laquelle, à cet instant, on récite le « Notre Père ».
- La fraction de l’Hostie marque la MORT de Jésus
L’intinction, l’instant où le prêtre ayant brisé l’hostie (symbole de la mort …) laisse tomber une parcelle du Corps du Christ dans le calice du Précieux Sang, marque le moment de la Résurrection, car le Corps et le Sang sont à nouveau réunis et c’est au Christ Vivant que nous allons communier.
Le 25 juillet 1915, Padre Pio écrivit une lettre à Anita Rodote sur la manière d’aborder correctement la Sainte Messe :
- Entrez dans l’église tranquillement, en silence et avec un profond respect, vous considérant indigne de vous tenir devant la majesté du Seigneur.
- Prenez l’eau bénite et faites le signe de croix avec soin et lentement.
- Agenouillez-vous pieusement devant Dieu dans le Saint-Sacrement.
- Saluez d’abord le Seigneur vivant et véritable dans le tabernacle, puis la Vierge et les saints.
- Une fois votre place trouvée, agenouillez-vous et rendez hommage à Jésus par votre présence, offrez-lui vos prières et adorez-le.
- Confiez-Lui tous vos besoins et ceux des autres.
- Parlez-lui avec une dévotion filiale, lui ouvrant librement votre cœur et lui laissant toute liberté d’agir en vous comme il l’entend.
- Soyez digne lorsque vous êtes debout, à genoux et assis.
- Accomplir chaque acte religieux avec la plus grande dévotion.
- Soyez modeste dans vos opinions.
- Ne tournez pas la tête pour voir qui vient ou qui part.
- Ne riez pas, montrez du respect pour le lieu sacré et aussi de la considération pour la personne assise à côté de vous.
- Ne parlez à personne à moins que cela ne soit nécessaire par amour ou autre besoin sérieux.
- Prononcez les mots clairement, faites des pauses et ne vous précipitez jamais.
- Comportez-vous de telle manière que les autres vous considèrent comme un exemple, que grâce à votre attitude, se sentent poussées à glorifier et à aimer le Père céleste.
- Ne partez pas sans demander à Jésus des bénédictions et le pardon pour vos manquements.
- Pas d’applaudissements
On a un jour demandé au Padre Pio : « Quel est le problème avec les applaudissements pendant la messe ? »
Le Padre Pio a répondu : « Il est vrai que même sur le Calvaire, certains ont applaudi la mort du Christ ; des soldats et des démons. » - Quittez l’église concentré et calme. Avant de partir, faites le signe de croix avec l’eau bénite.
La bénédiction du prêtre marque les fidèles de la croix, à la fois comme un insigne distinctif et comme un bouclier protecteur contre les assauts du Malin …
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