SCAPULAIRE

« Le scapulaire est essentiellement un habit. » Saint Jean Paul II , Lettre au Carmel du 25 mars 2001

Histoire du scapulaire
Simon STOCK, d’origine anglaise, il fut général de l’Ordre des Carmes au moment de son implantation en Europe.
Les carmes sont alors dans un contexte difficile : établis sur le Mont Carmel, petit massif montagneux au Nord de la Terre Sainte, près de la forteresse de Saint-Jean-d’Acre, ces ermites venus d’Europe reviennent progressivement vers leurs contrées d’origine. Comme le reste du Royaume chrétien de Jérusalem, ils se trouvent sous la menace des Mamelouks, mercenaires au services des sultans musulmans. Déjà en 1238, ces derniers avaient fait une incursion au Mont Carmel, décapitant les ermites qu’ils y trouvèrent.
Devant la difficulté à être acceptés en Europe, d’après des textes du XV° siècle, la Vierge Marie apparaîtrait alors à saint Simon Stock pour aider les carmes à être reconnus comme Ordre religieux au même titre que l’Ordre de saint François ou de saint Dominique. La tradition orale situe cette apparition de Notre-Dame en 1251 à Aylesford, à quarante kilomètres au Sud-Est de Londres.
Notre-Dame, lors de cette même apparition, aurait pris une initiative surprenante. Se tenant devant saint Simon, vêtue simplement, sans couronne, entourée d’une multitude d’anges, la Vierge lui tend un scapulaire – grand pan de tissu couvrant l’avant et l’arrière du corps, posé à même les épaules, en latin scapulæ – tout en lui disant « voici un privilège pour toi et ceux du Carmel ; celui qui mourra revêtu ainsi sera sauvé, il ne souffrira jamais des feux éternels. C’est un signe de salut, une sauvegarde dans les dangers, un gage de paix et d’éternelle alliance. Si au jour de leur passage en l’autre vie, ils (les enfants du Carmel) sont amenés au purgatoire, j’y descendrai le samedi qui suivra leur décès et je délivrerai ceux que j’y trouverai et les ramènerai à la montagne sainte et à la vie éternelle. »
À partir de cette miséricordieuse intervention de la Mère de Dieu, l’Ordre carmélitain a refleuri dans le monde entier ! C’est un signe d’alliance de Notre-Dame avec les Carmes, les Carmélites et avec toute l’humanité.


En tendant à Simon un scapulaire, Marie se présente à lui comme une mère, une mère cherchant à vêtir son enfant. Porter le scapulaire, pour Simon et pour tout fidèle aujourd’hui, signifie donc accepter la présence maternelle de Marie dans sa vie. En revêtant le scapulaire, le fidèle imite alors le disciple bien-aimé répondant positivement au commandement de Jésus donné sur la Croix  : « Voici ta mère ». Et à partir de cette heure-là, précise l’évangéliste Jean, le disciple la prit chez lui  (Jn 19:27). Revêtir le scapulaire est une manière de prendre Marie chez soi.

Soixante-dix ans plus tard, en 1317 Notre-Dame apparut au Pape Jean XXII et lui fit une nouvelle promesse, considérée comme un complément de la première : lui ordonna de prendre les Carmes sous Sa protection. Elle dit: « Moi leur Mère, je descendrai par Grâce auprès d’eux, le samedi après leur décès, et tous ceux que je trouverai en Purgatoire, je les délivrerai et je les emmènerai à la Vie Eternelle.» A la demande de Marie, le Pape publia ce privilège dans la « Bulle Sabbatine ».

Le Scapulaire est un vêtement de salut, une cuirasse et un bouclier spirituels, une robe d’innocence dont nous revêt la Mère de Dieu.

Aussi, le scapulaire, au 13e siècle, est une simple tenue de travail  et tout fidèle revêtant le scapulaire est ainsi invité à se mettre au travail  : Marie lui demande implicitement de coopérer à son propre salut en mettant en pratique les commandements donnés par le Christ. Qui revêt le scapulaire est disciple du Christ, enfant de l’Église, cheminant aux côtés de Marie. Si Marie donne un habit en vue du salut, cet habit n’est autre que Jésus lui-même. « Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3:27), révèle saint Paul aux Galates. Dans ce contexte, l’habit donné par la Vierge n’est pas un habit se substituant à la grâce du baptême, au contraire: l’humble habit du scapulaire, porté au quotidien, signifie que le fidèle travaille chaque jour à conformer sa vie et ses œuvres à sa foi, laissant se déployer en lui la grâce de l’Esprit reçue originellement au baptême. Quiconque porte le Scapulaire du Carmel dit à haute voix à Marie : « Je ne suis pas seul, je me suis confié à Toi, Marie.» Il crie au monde : « Je suis dévoué à Marie ! »

Lors de sa cinquième apparition à Fatima, le 13 août 1917, Marie annonce aux trois enfants qu’Elle apparaîtra le 13 octobre suivant et qu’ils verront Notre Dame du Mont-Carmel.
Le 13 octobre 1917 la Sainte Vierge apparut comme Elle l’a dit aux trois enfants, tenant en main le Scapulaire du Mont-Carmel.
Lucie, l’ainée des trois voyants, en révéla la raison en 1950: « La Sainte Vierge Marie désire que l’on porte le Saint Scapulaire, qui est le signe de la Consécration au Cœur Immaculé de Marie. Le Rosaire et le Scapulaire sont inséparables. »

De nombreux papes, dont saint Jean-Paul II, ont encouragé la dévotion du Saint Scapulaire.
Saint Jean-Paul II, fidèle porteur du scapulaire, en avait une vive conscience. Dans sa lettre de 2001, le dit:
« La piété envers Marie […] doit constituer un « habit », c’est-à-dire une orientation permanente de sa propre conduite chrétienne, tissée de prière et de vie intérieure, à travers la pratique fréquente des sacrements et l’exercice concret des œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle. De cette façon, le scapulaire devient un signe d’alliance et de communion réciproque entre Marie et les fidèles » 
« Que celui qui revêt le scapulaire fasse l’expérience de la présence douce et maternelle de Marie, dans l’engagement quotidien de se revêtir intérieurement de Jésus-Christ et de le manifester de façon vivante en soi pour le bien de l’Eglise et de toute l’humanité…» (Lettre du 25 mars 2001)

Simon STOCK adressait souvent à la Vierge Marie cette prière qui est devenue la prière mariale par excellence de l’Ordre :

En latin

Flos carmeli
Vitis florigera
Splendor caeli
Virgo puerpera
Singularis

Mater mitis
Sed viri nescia
Carmelitis
Esto propitia
Stella Maris

En français

Fleur du Carmel
Vigne fleurie
Splendeur du Ciel
Vierge féconde
Unique

Douce Mère
Qui ne connut pas d’homme,
Aux enfants du Carmel
Sois propice
Étoile de la mer

Comment recevoir le Scapulaire ?
Le scapulaire n’est pas comme une médaille que l’on choisit de porter. Il se reçoit de l’Église par les mains d’un ministre, diacre ou prêtre, à travers un rituel propre. Il faut pour cela utiliser une des formules de bénédiction prévues par le Rituel romain.
« La Sainte Vierge Marie désire que l’on porte le Saint Scapulaire, qui est le signe de la Consécration au Cœur Immaculé de Marie »
Par ailleurs, il est bon de se préparer à cette démarche pour la vivre comme un vrai engagement de vie spirituelle. Le mieux est de contacter un couvent de carmes ou un monastère de carmélites proches. Mais vous pouvez aussi vous adresser à un prêtre diocésain connaissant le sens de cet engagement.

Comment porter le Scapulaire?
Un membre de la confrérie devrait porter le scapulaire continuellement jour et nuit pour le reste de sa vie et de prier quotidiennement la prière prescrite. Cet habit remis par Marie se porte comme…un habit. Pour la toilette ou les sports aquatiques, les habits, donc le Scapulaire aussi, s’enlèvent pour être remis après. Jean-Paul II avait fait plastifier son Scapulaire, pour pouvoir prendre sa douche avec.
Le port du scapulaire est associé à certains privilèges, notamment la protection de la Vierge Marie pour l’âme et le corps durant la vie, son aide à l’heure de la mort et bien d’autres grâces divines. Cette protection extraordinaire de la Mère de Dieu était promise non seulement aux religieux eux-mêmes, mais aussi à ceux qui leur sont spirituellement unis. Le scapulaire protège du malheur et nous préserve du feu de l’enfer. Nous aurions tort d’y voir un remède miraculeux contre l’enfer ou un billet pour le paradis. Les vertus chrétiennes et une grâce constante et sanctifiante dans l’âme sont requises. Le scapulaire ne dispense personne de l’obligation de lutter contre le péché. Quiconque le penserait commettrait un péché, et le scapulaire ne serait pour lui qu’une insignifiante décoration extérieure.
Selon une histoire vraie, un homme qui vivait dans le péché mais portait un scapulaire, à l’heure de sa mort sentit que le scapulaire le brûlait tellement qu’il dut l’enlever et mourut sans porter le scapulaire.

Quelle différence entre le Scapulaire en tissu et le Scapulaire-médaille ?
Comme le stipule Cum Sacra (décret du Saint-Office donné à Rome le 16 décembre 1910), « il est désormais permis de remplacer ce scapulaire d’étoffe par une médaille en métal, portée au cou ou autrement, pourvu que ce soit sur leur personne et décemment ». Dans ce même décret, le pape Pie X précise cependant que l’Église préfère le Scapulaire en tissu (de peur, probablement, de faire du Scapulaire-médaille un petit bijou-pendentif plutôt qu’une alliance avec la Vierge Marie).

Que faire quand le Scapulaire est usé ?
Il se remplace sans formalité. Une bénédiction peut être demandée, sans être toutefois nécessaire.

Pourquoi le Scapulaire est-il aujourd’hui si petit, après avoir été ce grand pan de tissu allant jusqu’aux chevilles ?
Dès le 13e siècle, des laïcs se regroupent en confréries de Notre-Dame du Mont Carmel, les unes étant des confréries pénitentes, les autres s’attachant à réciter l’office des Laudes, d’autres encore adoptant le port du Scapulaire, comme celle de Florence, créée dans les années 1280. Mais les carmes attendant le chapitre de Barcelone (1324) avant d’intégrer à leur habit religieux le Scapulaire (leur habit étant jusque-là constitué de deux pièces, comme les franciscains), les laïcs l’adoptèrent donc plus rapidement. Ainsi, le registre de la confrérie de Florence fait état d’un Scapulaire déjà rétréci, pour des raisons probablement d’ordre pratique : il ne descend plus qu’au niveau de la taille… Ce mouvement se poursuivra jusqu’au Scapulaire de format actuel.

Faut-il bénéficier d’une nouvelle imposition du Scapulaire, si je le porte déjà avant d’entrer à l’OCDS ?
En théorie, non. Recevoir le Scapulaire signifie accepter la présence de Marie chez soi. Elle est donc déjà là… Cependant, recevoir le Scapulaire en entrant à l’OCDS (Ordre des Carmes Déchaux Séculiers) prend une dimension ecclésiale particulière, puisque cette imposition engage un cheminement vers la famille de l’Ordre Séculier. Il est ainsi conseillé de recevoir à nouveau le Scapulaire pour la circonstance.

La danse avec le diable – histoire vraie (Saint Jean-Marie Vianney et la force du Scapulaire brun)


Un jour, une jeune fille est venue se confesser au saint. Il lui a rappelé un bal auquel elle avait assisté. Il y avait à la fête un jeune homme très beau et très à la mode, qui a dansé toute la nuit avec toutes les filles présentes, sauf elle. La fille a admis qu’elle y était et elle a dit qu’elle se sentait humiliée et jalouse.
Le saint lui dit : « Tu es blessée que le jeune homme ne t’ait pas invité danser. Ma chère, tu dois être extrêmement reconnaissante envers la Mère de Dieu, notre chère Bienheureuse Marie, toujours Vierge, qui t’a si mystérieusement et miraculeusement protégé ».
La jeune fille murmure : « Que veux-tu dire, père ? »
« Ma chère enfant », lui répond le saint prêtre.
« Cet homme était en fait un diable de l’enfer et il dansait avec toutes les filles qui étaient dans un péché grave. Il restait loin de toi parce que tu portais le scapulaire marron de la Vierge Marie.»

CONSÉCRATION DU SCAPULATEUR DE LA REINE
Marie, Reine du Scapulaire et Mère de Miséricorde,
je te consacre non seulement mon âme et le bonheur éternel,
mais aussi, Vierge Immaculée, mon corps,
afin que tu le défendes efficacement du péché et de la luxure,
des tentations du monde et des maladies, de la paresse et des embûches de l’esprit mauvais.
Ennoblis mon cœur selon le Sacré-Cœur de ton Fils Jésus-Christ. Marie !
Je te confie mes pensées, mes prières, mon travail, mes affections, ma raison,
ma mémoire et ma volonté, afin que tu les diriges pour mon bien et celui de l’Église.
Par les vêtements de vos vertus,
envoyez dans ce monde la paix et l’amour du Christ,
car Il est Dieu et vit et règne avec Dieu le Père en unité avec le Saint-Esprit
pour les siècles des siècles. 
Amen

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