L’ABSTINENCE DU VENDREDI ET LE DANGER DES FAUX ENSEIGNEMENTS

Dans un monde où les traditions sont de plus en plus délaissées, certains catholiques s’efforcent encore de respecter les disciplines de l’Église. L’une de ces disciplines est l’abstinence du vendredi, traditionnellement observée tous les vendredis de l’année, et pas seulement pendant le Carême. Un jeune homme, conscient de cette obligation, s’est retrouvé face à un dilemme lorsque le 24 décembre tombait un vendredi. Cherchant conseil, il a contacté deux prêtres catholiques traditionalistes, qui ont tous deux affirmé que l’obligation d’abstinence subsistait sauf si le vendredi coïncidait avec le 25 décembre, célébration solennelle de la Nativité de Notre-Seigneur.
Cependant, insatisfait de cette réponse, le jeune homme a consulté un autre prêtre (Novus Ordo), espérant une réponse plus clémente. Ce prêtre a rejeté l’obligation en disant : « Que vas-tu préparer avant le réveillon ? Du melon amer ? Cela gâche la joie avant Noël ! »
Il a également indiqué que l’abstinence ne signifiait pas une absence totale de viande, mais plutôt que l’on pouvait ajouter de petites bouchées de viande aux repas pour leur donner du goût. Ce raisonnement, bien que plaisant aux sens, contredit l’enseignement traditionnel de l’Église. Il n’existe aucune disposition autorisant l’ajout de « bouchées de viande » pour le goût, ni aucune exemption fondée sur des préférences personnelles ou des célébrations festives. L’Église, dans sa sagesse, a instauré cette discipline comme moyen de pénitence en souvenir de la Passion du Christ, le Vendredi Saint.
Enseignement de l’Église pré-Vatican II sur l’abstinence du vendredi
L’obligation de l’abstinence du vendredi est clairement énoncée dans le droit canonique (Code de droit canonique de 1917, canons 1250-1254) :
- Canon 1250 : « La loi d’abstinence s’applique à tous les vendredis de l’année, sauf s’ils coïncident avec un jour saint d’obligation.»
- Canon 1251 : « L’abstinence signifie s’abstenir de viande et de produits à base de viande.»
- Canon 1252 : « Ceux qui ont atteint l’âge de sept ans sont tenus à l’abstinence.»
Le péché de gourmandise : ceux qui ne maîtrisent pas leur appétit sont sous l’influence du diable
Belzébul est le démon de la gourmandise, et ceux qui ne maîtrisent pas leur appétit sont sous son influence. Les saints et les docteurs de l’Église ont averti que la gourmandise ne se résume pas à trop manger, mais à laisser les facultés inférieures du corps dominer l’âme. Lorsqu’un prêtre conseille à un catholique de renoncer à l’abstinence parce qu’elle « tue la joie », il encourage en réalité le péché de gourmandise. L’Église enseigne que nous devons maîtriser nos passions et ne pas nous laisser dominer par nos désirs charnels.
Saint Basile le Grand : « Le jeûne enfante les prophètes et fortifie les puissants ; le jeûne rend sages les législateurs. Le jeûne est une bonne protection pour l’âme, un compagnon fidèle pour le corps, une arme pour les vaillants et un gymnase pour les athlètes.»
Saint Jean Chrysostome : « Ne vous laissez pas dominer par le ventre, et vous ne serez jamais vaincus par la chair. »
Saint Grégoire le Grand : « Le ventre est le maître de tous les vices.»
Saint Thomas d’Aquin (Esprit, libre arbitre et passion) enseigne que l’âme humaine est composée de trois facultés clés :
- L’intellect (esprit) – la faculté qui connaît la vérité ;
- La volonté (libre arbitre) – la faculté qui choisit le bien ;
- Les passions (appétits) – les émotions et les désirs charnels qui doivent être maîtrisés.
Selon saint Thomas (Somme théologique, I-II, Q. 9, A. 2) : « L’intelligence propose, la volonté dispose, et les passions suivent. Si les passions dominent, l’homme tombe dans le péché, mais si la volonté est correctement ordonnée à la raison, l’homme agit vertueusement. »
Si l’on ne peut maîtriser son appétit, ses passions dominent sa volonté et on perd la capacité de choisir le bien. C’est pourquoi l’abstinence est importante : elle renforce notre maîtrise de soi et nous empêche de devenir esclaves de la chair.
Le danger des faux enseignements
Ce scénario met en lumière un grave problème au sein de l’Église aujourd’hui : même les prêtres, censés être les bergers des fidèles, peuvent égarer les âmes par de faux enseignements. C’est l’accomplissement de l’avertissement du prophète Osée : « Mon peuple est resté silencieux, faute de connaissance. Parce que tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai, et tu ne m’exerceras plus le sacerdoce. Tu as oublié la loi de ton Dieu, et j’oublierai aussi tes enfants.» (Osée 4:6)
En omettant d’enseigner aux fidèles la véritable discipline de l’abstinence, ces prêtres non seulement induisent en erreur leurs ouailles, mais sapent également l’autorité de l’Église. Leur raisonnement – privilégiant la joie à la discipline – reflète la mentalité moderniste qui sacrifie la vérité au confort.
Saint Alphonse de Liguori a averti : « De nombreux prêtres vont en enfer pour ne pas avoir prêché la vérité et pour avoir excusé le péché au lieu de le condamner. »
La joie de l’obéissance
La véritable joie ne vient pas de la consommation de viande un jour d’abstinence, mais de l’obéissance à la volonté de Dieu et aux lois de son Église. L’abstinence ne vise pas à « tuer la joie », mais à nous unir au sacrifice du Christ.
Notre Seigneur lui-même a jeûné et Nous avons souffert pour notre rédemption ; ne pouvons-nous pas faire un petit sacrifice pour Lui en retour ?
Cet événement est une leçon pour tous les catholiques : tous les prêtres ne défendent pas fidèlement l’enseignement de l’Église. Nous devons être vigilants, étudier la foi et veiller à suivre les enseignements de l’Église tels qu’ils nous ont été transmis par la Sainte Tradition.
Comme le recommande saint Paul : « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs. Ils détourneront l’oreille de la vérité et se tourneront vers les fables.» (2 Timothée 4, 3-4)
Rétablir la véritable discipline catholique
Pour rester fidèles à la tradition catholique, nous devons rejeter les compromis qui diluent les enseignements de l’Église. L’abstinence est une forme de pénitence et un rappel des souffrances du Christ. Ce n’est pas quelque chose à modifier par commodité, mais à adopter par amour pour Dieu.
Saint Augustin nous le rappelle : « Qu’est-ce qu’une petite souffrance en cette vie, comparée au bonheur éternel au Ciel ?»
Si Belzébul, le démon de la gourmandise, nous incite à privilégier nos désirs charnels, rappelons-nous que Satan a été vaincu par la Passion du Christ et par nos propres actes d’abnégation.
Recherchons toujours la vérité, demeurons inébranlables dans la foi et ne troquons jamais la sainteté contre le confort humain. Adhérons fermement aux traditions qui nous ont été transmises, car en elles se trouve le chemin de la joie éternelle.
Lorsqu’on demandait à sainte Bernadette : « De quoi as-tu peur ? », elle répondait aussitôt : « Des mauvais catholiques ». Lorsqu’on insistait davantage, elle répondait « Je n’ai que peur de mauvais catholiques. »
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