LE CHAPELET DES SEPT DOULEURS
« Les démons ne supportent pas les Sept Douleurs. Lorsqu’une famille récite ce chapelet ensemble, il les lie et protège le foyer mieux que presque toute autre dévotion. » Père Ripperger
Traditionnellement, le chapelet des sept Douleurs de Marie est fabriqué en bois noir afin de représenter la profonde tristesse et l’intenable souffrance qu’a dû endurer la Vierge Marie durant sa vie sur Terre.
Histoire
La dévotion à Notre-Dame des Douleurs s’est développée à partir de 1600 grâce aux « Servants de Marie » qui la vénèrent comme leur sainte patronne. Vers 1617, le Rosaire des sept Douleurs, ou chapelet des sept Douleurs, est devenu une méditation sur les sept douleurs de la Vierge. Le chapelet était au début un exercice spirituel pour les laïcs qui suivaient la spiritualité des Servites. Mais il s’est rapidement répandu parmi les frères et a été intégré à leur spiritualité. À la fin du XVIIe siècle, suspendu à leur ceinture, il est devenu partie intégrante de l’habit des Servites.
Le 18 septembre 1814, le pape Pie VII a introduit la mémoire liturgique de Notre-Dame des Douleurs le troisième dimanche de septembre. Pie X a fixé la date de la célébration le 15 septembre, le jour suivant l’Exaltation de la Croix. Par ailleurs, tout le mois de septembre est consacré à Notre-Dame des sept Douleurs.
La Vierge Marie a parlé de ses Douleurs dans certaines révélations reconnues par l’Église. Ainsi, au XIVe siècle, elle a promis à sainte Brigitte de Suède d’accorder des grâces spéciales à ceux qui méditent sur ses Douleurs : la paix dans leurs familles, l’illumination sur les Mystères divins, la consolation dans leurs souffrances, leurs demandes exaucées (si elles ne s’opposent pas à la volonté de Dieu), la défense contre le démon, l’assistance au moment de la mort, la joie éternelle en Jésus et Marie.
En 1982, la Vierge a parlé du chapelet des sept Douleurs dans certaines apparitions à Kibeho, au Rwanda. « Ce que je vous demande, c’est de vous repentir. Si vous récitez ce chapelet, en le méditant, vous aurez la force de vous repentir », a-t-elle déclaré à Marie-Claire Mukangango, le 31 mai 1982.
Il est recommandé de prier le chapelet des sept Douleurs au cours du mois de septembre, en particulier le 15, le vendredi tout au long de l’année et pendant le carême.
Prions :
Le chapelet des sept douleurs consiste à méditer chaque douleur de la Vierge comme on le ferait pour un mystère. On commence par les sept groupes de sept grains. Sur la médaille, on énonce le mystère, l’intitulé de la douleur infligée à Marie.
Voici les sept Douleurs, dans l’ordre :
- Marie accueille dans la foi la prophétie de Siméon (Lc 2:25-35).
- Marie fuit en Égypte avec Jésus et Joseph (Mt 2:13-15).
- Marie cherche Jésus, perdu à Jérusalem (Lc 2:41-52).
- Marie rencontre Jésus sur le chemin du Calvaire (Lc 23:27).
- Marie se tient près de la Croix de son Fils (Jn 19:25-27).
- Marie reçoit le corps de Jésus entre ses bras (Jn 19:38-40).
- Marie accompagne le Corps très Saint de son Fils au tombeau (Jn 19:41-42).
On récite ensuite un Notre Père.
Sur les sept grains qui suivent on récite sept Je vous salue Marie.
Après chaque Je vous salue Marie, on récite l’invocation suivante : Priez pour nous Vierge de douleurs, que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ.
On termine le chapelet sur les trois grains du début – on récite trois Je vous salue Marie et un Notre Père sur la médaille principale de Notre-Dame des sept Douleurs.
Il existe différentes manières de réciter ce chapelet. On peut, par exemple, avant de commencer le chapelet et/ou à la fin, réciter la belle prière Stabat Mater Dolorosa.
STABAT MATER
Stabat Mater est une prière composée au treizième siècle et attribuée au franciscain italien Jacopone da Todi. La fête associée à cette séquence est celle de la Notre-Dame des douleurs (15 septembre).
Le texte de la séquence évoque la souffrance de Marie lors de la crucifixion de Jésus-Christ. Le titre est une abréviation de Stabat mater dolorosa, son premier vers, qu’on peut traduire ainsi : « La Mère des douleurs se tenait debout » :
Debout, la Mère des douleurs,
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.
Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive le transperça.
Qu’elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !
Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?
Qui pourrait dans l’indifférence
Contempler en cette souffrance.
La Mère auprès de son Fils ?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l’Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l’esprit.
Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu
Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.
Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du crucifié,
Tant que je vivrai !
Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.
Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l’ivresse
Du sang versé par ton Fils.
Je crains les flammes éternelles;
O Vierge, assure ma tutelle
A l’heure de la justice.
Ô Christ, à l’heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.
À l’heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.
Amen
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